On croit souvent que l’amour se mesure à l’intensité du désir.
Il se mesure pourtant à la qualité de la présence.
Une femme ne s’abandonne jamais parce qu’un homme sait séduire son corps. Elle s’abandonne lorsqu’elle découvre un homme capable d’honorer son âme.
Les caresses ne prennent leur véritable sens que lorsqu’elles sont précédées de mille attentions invisibles, un regard qui rassure, une écoute qui accueille, une parole qui relève, un silence qui comprend.
Car le corps possède et l’amour, lui, révèle.
La plus grande intimité n’est pas celle qui met deux corps à nu, c’est celle qui permet à deux êtres de se montrer tels qu’ils sont, sans masque, sans peur et sans défense.
Alors seulement, le désir cesse d’être une conquête pour devenir une reconnaissance.
On ne fait pas seulement l’amour avec des mains. On le fait avec sa mémoire, ses blessures, sa tendresse, son regard, sa fidélité et son espérance.
Le véritable accomplissement n’est jamais un instant de plaisir. Il est ce moment rare où une femme se sent infiniment respectée, où un homme se découvre infiniment meilleur, et où chacun devient, pour l’autre, un refuge plutôt qu’une conquête.
Car la plus belle étreinte n’est pas celle qui unit deux corps, c’est celle qui réconcilie deux âmes.
Et peut-être est-ce là le secret de l’amour!
Lorsque deux êtres cessent de se chercher l’un dans le désir pour enfin se reconnaître dans la lumière de l’autre.
C’est la magie de l’Amour…
© Alain Aussenac
Tableau: Marc Chagall , La femme sacrée