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Franc-maçonnerie, Lumières et pluralité des idées.

Née au XVIIIᵉ siècle dans le même climat intellectuel que les Lumières, la franc-maçonnerie partage avec ce mouvement un idéal fondé sur la raison, la liberté de conscience, la tolérance et la recherche du progrès humain.

Dans ses loges, des hommes et des femmes d’horizons différents se réunissent pour échanger, confronter leurs idées et travailler à leur propre perfectionnement comme à celui de la société.

C’est parce qu’elle n’est pas un parti politique que la franc-maçonnerie n’a pas vocation à imposer une ligne idéologique.

Elle peut accueillir des sensibilités diverses, y compris des personnes proches de courants comme LFI ou le RN, dès lors que leurs engagements respectent les principes fondamentaux de l’Ordre : la dignité humaine, le respect de l’autre, la liberté de pensée et le refus de toute forme de haine ou d’exclusion.

Ces valeurs découlent de son histoire, du chantier opératif des cathédrales à nos loges modernes de maçons francs et acceptés, en passant par l’héritage des Lumières porté par les philosophes et les encyclopédistes.

L’héritage des Lumières invite ainsi le maçon à ne pas juger l’homme uniquement par son opinion politique, mais à privilégier le dialogue, l’écoute et la construction commune.

La loge devient alors un espace où la diversité des convictions n’est pas un obstacle, mais une occasion de rechercher une lumière partagée au-delà des clivages.

C’est pour ces raisons que je m’y retrouve et que je m’élève chaque fois que ces principes sont transgressés. L’ouverture maçonnique est une position courageuse. Mais cette ouverture repose sur des fondements qui peuvent poser des limites à certaines positions extrêmes.

Je rappellerai cette phrase de Molière dans «Le Misanthrope».

«La parfaite raison fuit toute extrémité, Et veut que l’on soit sage avec sobriété.»

C’est l’idée centrale de cette belle pièce, la sagesse consiste à éviter les excès. Nous devons « construire le Temple intérieur » par la maîtrise de soi, la réflexion et le dialogue.

Comme dans les salons des Lumières, comme dans les loges maçonniques, la lumière naît de la rencontre des différences lorsque la raison demeure au service de l’homme.

Qu’ens pensez-vous? Comment voyez-vous cette question importante à quelques mois des présidentielles,

Tableau: Le Salon de Madame Geoffrin, Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1812). Ce tableau est le symbole du dialogue des idées au siècle des Lumières. La lumière n’est pas la possession d’un camp, elle naît de l’échange.

© Alain Aussenac

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Par Alain Aussenac

"A vingt ans, il s'était cru libéré des routines ou des préjugés qui paralysent nos actes et mettent à l'entendement des oeillères, mais sa vie s'était passée ensuite à acquérir sou par sou cette liberté dont il avait cru d'emblée posséder la somme." L'Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar

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