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Catholique et franc-maçon…

Je suis catholique depuis mon baptême et franc-maçon depuis de nombreuses années. Je n’ai jamais cessé de vivre pleinement ces deux engagements. J’espérais qu’avec le temps, l’Église ferait évoluer sa position. Force est de constater qu’aujourd’hui encore, rien n’a changé.

La franc-maçonnerie demeure incompatible avec la communion catholique.

Depuis la bulle In eminenti de Clément XII (1738), réaffirmée notamment par l’encyclique Humanum genus de Léon XIII (1884), l’Église catholique considère que l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi catholique.

Le 29 juin 2026, la Conférence épiscopale des pays nordiques (Danemark, Suède, Norvège, Finlande et Islande) l’a rappelé avec force : un catholique ne peut appartenir simultanément à l’Église et à une loge maçonnique. Les fidèles qui demeurent membres d’une loge doivent s’abstenir de recevoir la communion tant qu’ils n’ont pas renoncé à cette appartenance.

Les évêques précisent qu’il n’existe aucune exception, y compris pour les obédiences dites « régulières » comme la Grande Loge Unie d’Angleterre ou la GLNF. Pour l’Église, le problème ne réside pas dans la croyance en Dieu, mais dans une incompatibilité doctrinale concernant la Révélation, la vérité religieuse et l’unicité du Christ et de l’Église.

Je respecte cette position, même si elle me blesse profondément. Elle me met mal à l’aise, parce qu’elle ne correspond pas à ce que je vis depuis tant d’années.

Pour moi, il n’y a jamais eu de concurrence entre ma foi chrétienne et mon engagement maçonnique.

Ma foi, je l’ai reçue au baptême. Elle s’est enracinée tout au long de ma vie et a connu un moment décisif lors d’un pèlerinage à Lourdes. Ce que j’y ai vécu a été une véritable seconde conversion, une rencontre intérieure qui ne m’a jamais quitté.

La franc-maçonnerie, elle, ne m’a jamais donné une autre foi. Elle m’a appris à travailler sur moi-même, à exercer ma raison, à mieux écouter, à mieux aimer et à essayer de devenir un homme meilleur. Au Rite Écossais Ancien et Accepté, je retrouve des symboles, des rituels et une démarche initiatique qui nourrissent ma réflexion et approfondissent ma manière de vivre la foi que j’ai reçue, sans jamais chercher à la remplacer.

Est-ce contradictoire ? Est-ce incompatible ?

L’Église répond oui. Mon expérience personnelle me conduit à répondre autrement.

Je n’ai aucune envie de polémiquer ni de convaincre qui que ce soit. Je témoigne simplement de ce que je vis. Depuis tant d’années, ces deux chemins coexistent en moi sans s’opposer. Ils m’ont aidé à grandir, à servir et à aimer davantage.

Si je devais illustrer ce témoignage par une œuvre, je choisirais Le Christ de saint Jean de la Croix de Salvador Dalí.

C’est, en effet, une belle image de la foi, du mystère et de l’élévation intérieure.

C’est pourquoi, en conscience et avec beaucoup d’humilité, je continuerai à les faire vivre ensemble en moi.

Et vous comment le vivez-vous?

Tableau: Salvador Dalí, Crucifixion de Saint Jean la Croix, 1951, Art Gallery, Glasgow.

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Par Alain Aussenac

"A vingt ans, il s'était cru libéré des routines ou des préjugés qui paralysent nos actes et mettent à l'entendement des oeillères, mais sa vie s'était passée ensuite à acquérir sou par sou cette liberté dont il avait cru d'emblée posséder la somme." L'Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar

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