Aujourd’hui, 22 juillet, c’est la fête de Marie-Madeleine, je pense au pouvoir du désir.
Pendant des siècles, une tradition de l’Église a présenté Marie-Madeleine comme une pécheresse, l’église a stigmatisé le désir. Aujourd’hui, l’Église a réhabilité sa figure en reconnaissant pleinement sa sainteté.
Pourtant l’homme est la créature du désir!
Le Christ, Nouvel Adam, est venu réconcilier l’homme avec sa vocation première.
Les hommes sont pétris de contradictions!
Tant d’enseignements spirituels affirment que nous devons ignorer ou « transcender » nos désirs; ce désir lui-même est la cause de la souffrance; et qu’en niant la chair, en niant nos sentiments et en niant notre sexualité et notre sensualité, nous parviendrons à la libération .
Et, bien qu’il soit vrai que le désir non dompté peut conduire à l’hédonisme, à l’idolâtrie de soi et à l’asservissement aux passions, le désir embrassé et incarné peut conduire à certaines des plus belles expériences de notre monde.
C’est le désir qui pousse l’abeille à polliniser la fleur; et le désir qui fait que la fleur s’ouvre au soleil et à l’abeille.
Le désir de vivre, le désir d’aimer, le désir de créer sont à la racine de notre existence.
Certains gnostiques disent que ce monde a été créé par le désir de Sophia. Et nous savons tous qu’il est dit dans la Bible qu’Eve nous a envoyés en exil par le choix qu’elle posa. Et pourtant, sans désir, aucun de nous ne serait là.
Le désir d’aimer doit surmonter la peur d’accoucher; et de la même façon que la naissance est un événement dangereux pour la mère et le bébé, le désir est donc un événement dangereux pour tout le cosmos.
Pourtant, sans désir, tout mouvement, changement et beauté cesseraient d’exister. Le désir magnétise toute vie et attire les opposés vers la communion.
Le problème n’est pas le désir, c’est l’objet vers lequel nous orientons notre désir. Le désir peut asservir, mais il peut aussi sanctifier.
L’acte sexuel est un acte de désir qui place chacun dans une vulnérabilité partagée, avec la possibilité d’être blessé, rejeté ou trahi.
Le désir implique le risque et il implique l’audace. Cela implique de surmonter les aspects les plus effrayants de nous-mêmes. Cela implique de se rendre.
Dans ma tradition gnostique, nous croyons que c’est le désir, comme Éros, qui anime et guide toute vie, y compris les mouvements des planètes, et notre connexion au Divin.
Dans la perspective gnostique qui est la mienne, Marie-Madeleine devient le symbole d’un désir non pas condamné, mais transfiguré.
Et que c’est à travers le mysticisme érotique de la Sainte Sophie Madeleine que la sainteté du désir peut se manifester.
Le désir est la racine du destin.
Le destin nous conduit vers l’objet de notre désir, tandis que notre désir nous conduit vers notre destin.
Car comme la Madeleine embrassait la sainteté de son désir, puissions-nous embrasser le nôtre.
N’ayons pas peur d’aimer.
C’est le plus grand des commandements.
Le tableau : La Madeleine à la veilleuse de Georges de La Tour.